Archives pour la catégorie texte

Les petits riens

(de rien)

C’est décidé, je ne fais rien !
pas le temps de penser,
d’allumer la télé,
juste l’ennui des temps anciens.

C’est décidé, je ne fais rien !
ni shooté à la colle,
ni tombé dans l’alcool,
n’insistez pas, je ne prends rien…

C’est décidé, je ne fais rien !
mais rien comme les autres,
sinon que je me vautre
sur canapé que je fais mien.

C’est décidé, je ne fais rien !
et je me fous de l’heure
du train des sénateurs,
je reporte tout à demain.

C’est décidé, je ne fais rien !
sans me sentir coupable
comme tous mes semblables,
je ne fais rien, mais le fais bien.

C’est décidé, je ne fais rien !
sinon que je nous laisse
un beau coin de tendresse :
pour un baiser, je me fais tien.

« Les petits riens » de Laurent QUIQUEREZ est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons CC-BY-NC-SA 4.0. En savoir plus sur les (nombreux) droits et les (quelques) devoirs.

2018 Lyon – Villeurbanne, France

 slack light by Peter Woodman CC-BY-SA
CC-BY-SA « slack light » by Peter Woodman

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Tinte d’amour

Je t’aime

dans la touche ocre sur tes paupières,
dans tes cheveux reflets et ombres,
dans le profond de tes yeux sombres,
dans le clair-obscur de l’hiver.

Je t’aime

quand mes mains s’expriment et t’enchantent,
quand deux dessins se font sculptures,
quand, de ma bouche, j’en fais lecture,
quand tes courbes sont résonnantes.

Je t’aime

pour ton souffle fait haletant,
pour ta voix qui geint et appelle,
pour ton corps qui s’arque et se tend,
pour tes yeux bruns qui étincellent.

Je t’aime

sous ton corps las devenu lourd,
sous ton regard tout attendri,
sous le charme de ton esprit,
sous l’emprise de ton amour.

« Tinte d’amour » de Laurent QUIQUEREZ est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons CC-BY-NC-SA 4.0. En savoir plus sur les (nombreux) droits et les (quelques) devoirs.

à MASQ

2015-2016 Yssingeaux – Villeurbanne, France

 Reclining Figure by Jean Marchand
CC0 Public Domain « Reclining Figure » by Jean Marchand (French, Paris 1883–1941 Paris)

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À la confess’

A Selfe Accuser

Your mistris, that you follow whores,

[ still taxeth you:

‘Tis strange that she should thus confesse it,

[ though’it be true.

John Donne
A Selfe Accuser
Source:
Donne, John. « Epigrams. » Poems of John Donne. Vol II.
E. K. Chambers, Editor. London: Lawrence & Bullen, 1896.
Public Domain
L’original est disponible à WikiSource.

À la confess’

Ta maîtresse t’accuse de

[ courir les chaudasses :

Par cette confession,

[ parmi elles se classe.

Licence Creative Commons CC-BY-NC-SA
« À la confess’ » de Laurent QUIQUEREZ, Instant d’après John Donne est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons CC-BY-NC-SA 4.0. En savoir plus sur les nombreux droits et les quelques devoirs.

2012-2013 – Villeurbanne, France

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"Kinky Ancestors" by Motor-Head via Flickr CC-BY-NC-SA
CC by-nc-sa.eu « Kinky Ancestors » by Motor-Head
via Flickr

Fichier texte éditable: TbD
Fichier PDF: TbD

Quand je lui dis
« Tu es est mes vingt ans »
Elle répondit
« Tu es médisant ».

Licence Creative Commons
« Tant » de Laurent QUIQUEREZ est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons CC-BY-NC-SA. En savoir plus sur les nombreux droits et les quelques devoirs.

a été affiché à Lyon, pour le printemps de poètes en 2017, sur les panneaux informatifs : Album Facebook

Printemps des Poètes Lyon 2017, Tant« Message à caractères informatifs et ébouriffants »(c) Espace Pandora

2017 – Villeurbanne, France

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Fichier PDF :

Des parts (4)

Tu pars père, maintenant…
je perds part à l’instant.

2013 – Villeurbanne, France

Licence Creative Commons CC-BY-NC-SA
« Des parts (père) » de Laurent QUIQUEREZ est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons CC-BY-NC-SA. En savoir plus sur les (nombreux) droits et les (quelques) devoirs.

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"Queuing for eternal rest" by Anders Sandberg via Flickr CC-BYLicence Creative Commons CC-BY « Queuing for eternal rest » by Anders Sandberg via Flickr

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Fichier PDF: TbD

Fort-e, je tiens, bien que souffrant

XV – Strong I stand, though I have borne

Strong I stand, though I have borne
Anger, hate, and bitter scorn;
Strong I stand, and laugh to see
How mankind have fought with me.

Shade of history, I condemn
All the puny ways of men;
Free my heart, my spirit free,
Beckon, and I’ll follow thee.

False and foolish mortal know,
If you scorn the world’s disdain,
Your mean soul is far below
Other worms, however vain.

Thing of Dust, with boundless pride,
Dare you ask me for a guide?
With the humble I will be;
Haughty men are naught to me.

November 1837.
Emily Brontë
Strong I stand, though I have borne
PRIVATELY PRINTED POEMS
Public Domain
L’original est disponible à WikiSource (work in progress).

Fort-e, je tiens, bien que souffrant

Fort-e, je tiens, bien que portant
colère aigre, haine dérisoire ;
fort-e, je tiens, me ris de voir
cet humain si éprouvant.

Ombre de l’histoire, je dédaigne
toutes les bassesses humaines ;
l’esprit, mon cœur, libérai :
appelle, et je te suivrai.

Menteur et couard, mortel sache,
si tu restes sourd au dédain,
ton âme vile ne se détache
de vers grouillants, eux-mêmes vains.

Grain de sable, trop orgueilleux
pour dire : « tu me guiderais ? » ;
avec les humbles, je serai :
je néglige les prétentieux.

Licence Creative Commons
« Fort-e, je tiens, bien que souffrant » de Laurent QUIQUEREZ d’après Emily Brontë est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons CC-BY-NC-SA. En savoir plus sur les (nombreux) droits et les (quelques) devoirs.

2016 – Villeurbanne, France

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Strong by Steve Nickodemski via Flickr CC BY-NC
Creative Commons CC-BY
« Strong » by Steve Nickodemski via Flickr

Fichier texte éditable : poesie_bronte_forte_lq_barkentina
Fichier PDF : poesie_bronte_forte_lq_barkentina

Je, des Soi

« Je est un Autre »

Bactéries, champignons et autres micro-organismes que mon corps humain contient ;
dans mon tube digestif : plus lourd que mon cerveau !
Organe à part entière,
varie selon les individus,
fluctue dans le temps.

Naturellement sur ma peau ou dans mon tube digestif,
tâches utiles, voire essentielles à ma survie d’hôte.
«Communauté écologique complexe, activité métabolique collective et interactions avec l’hôte » qui « influe sur la physiologie normale et la susceptibilité à la maladie».
Communauté symbiote.

« Je, sommes d’Autres »

Le microbiote humain très varié ;
flore normale, essentielle pour la santé humaine,
et pathogènes opportunistes, constituent également une menace significative causant maladies ou obésité.

Chaque individu porte un microbiote différent,
dans chaque grande région du monde, les micro-organismes diffèrent aussi.
Entre 500 et 100 000 espèces de bactéries différentes vivant dans le corps humain.
Au moins dix fois plus de bactéries que de cellules humaines dans mon corps.

« On a souvent besoin de plus petit que soi »

La plupart des microbes intestinaux sont soit inoffensifs, soit bénéfiques pour l’hôte.
Me protège contre les enteropathogènes , extrait des nutriments et de l’énergie, et contribue à l’immunitaire.
Anaérobies, environnement dépourvu d’oxygène.
Capables de décomposer les sucres que moi, être humain, ne pourrais pas digérer autrement.
Synthétisent des vitamines, produisent des antigènes.
contacts répétés avec une grande diversité d’antigènes bactériens

CC-BY-SA« Je, des Soi » de LaurentQuiquerez.fr  est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons CC-BY-SA 4.0

2016 – Villeurbanne, France
Composition d’après la règle du Cut Up (« Coupe haut » ou « élagage »)Philo

proposé par atelier Dezopilant & Ingens :

  • Vous prenez un texte, celui que vous voulez.
  • Vous coupez au hasard – cut-, puis vous décollez/enlevez – up-.  Le texte est élagué.
  • Si vous voulez aménager un peu, c’est à votre guise.
  • Fin.

Risening II
CC-BY-SA« Risening II » by Travis Miller via Flickr

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Je me sens prisonnier,
détenu de soirée.

Licence Creative Commons
« Prisonnier » de Laurent QUIQUEREZ est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons CC-BY-NC-SA. En savoir plus sur les nombreux droits et les quelques devoirs.

a été affiché à Lyon, pour le printemps de poètes en 2016, sur les panneaux informatifs : Album Facebook

Lumineux - prisonnier 1 (c) Espace PandoraLumineux - prisonnier 2 (c) Espace Pandora« Jouons plus fort pour détourner l’attention des gens de ce panneau »(c) Espace Pandora

2016 – Villeurbanne, France

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De ta bouche

Tu m’as quitté, sans prévenir, comme un grand coup de vent ;
un peu taquin,

un peu soudain,

un peu désarçonnant.

Tu es partie, car tu voulais aborder d’autres vues,
d’autres paroles,

d’autres esprits,

d’autres histoires vécues.

Tu m’as fêté parc’ que j’étais ton 40e amant ;
ni le plus beau,

ni le plus grand,

ni le plus rugissant.

Tu m’as fêté, tout’ réjouie, car pour toi tout est fête ;
tu as bien ri,

car je faisais

vraiment une drôle de tête.

Je fus baisé, surtout le cœur, plus souvent qu’à mon tour
avec tes mots,

avec tes gestes,

avec tes traits d’humour ;

avec tes lèvres qui délivr’nt de toute acrimonie,
tout en douceur,

délicatesse

et ouverture d’esprit.

Fus embrassé, aimablement, comm’ ton premier amant :
pas de manières,

pas de chichis,

seulement tendrement ;

Fus embrassé et soulagé de te voir l’initier,
puisque j’étais

trop pétrifié,

de me voir rejeté.

Tu m’abordais, tout simplement, comme le font les enfants :
très effrayés,

puis on s’observe

et puis un compliment ;

tu m’abordais, car tu voyais mieux que moi dans mon jeu :
que j’aimais bien

les étincelles

allumées dans tes yeux.

« De ta bouche » de Laurent QUIQUEREZ est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons CC-BY-NC-SA 4.0. En savoir plus sur les (nombreux) droits et les (quelques) devoirs.

2015 – Hamburg, Deutchland – Villeurbanne, France

Stories by
CC-BY-SA« Stories » by normalityrelief via Flickr

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Soyons polis

(Gemmes, beaucoup)

C’était une femme polie, polie, polie
amoureuse
et je l’ai trouvée jolie, jolie, jolie
car heureuse.
Je me suis trouvé soumis, soumis, soumis
à ses flots,
embarqué, à la déri-, déri-, déri-
-ve en ses eaux.

Moi, qui n’étais que ligneux
bien trop vert et trop noueux,
elle m’a doucement plongé
en saumure, en eaux salées.
Et au gré des tourbillons,
et des vagues, et des marées
m’ont ballotté à façon,
transformé en bois flotté.

C’était une femme polie, polie, polie,
(d’un) généreux,
que j’en ai été épris, épris, épris,
amoureux.
Entraîné dans une folie, folie, folie,
douce et mûre,
Enferré dans un déni, déni, déni,
(au) pied du mur.

J’avais le cœur dur comme pierre
des fissures mal étayées,
des arrêtes brutes de carrière
et des idées bien tranchées.
Moi, bloc de roc qu’on cassait,
mis dans l’écume de ses eaux,
je devins dans les rouleaux
rond et doux comme un galet.

Elle m’a rendu poli, poli, poli ;
précieuse
artisane, brillante aussi, aussi, aussi,
talentueuse.
Comme une orfèvre à Paris, Paris, Paris,
de son mieux,
m’a clivé comme un rubis, rubis, rubis,
très précieux.

Et moi qui croyais briller,
en fait terne et prétentieux,
ma gangue en fut éclatée (et)
je fus taillé de son mieux :
nouvelles faces découvertes,
plans brillants, nouveau éclats,
taille parfaite me fut offerte
par des gestes délicats.

À tou-te-s, je nous souhaite poli-e-s, poli-e-s, poli-e-s,
amoureux-ses,
libres de suivre nos envies, envies, envies,
d’être heureux-ses ;
que nos cœurs battent en poly, poly, poly
(po)lyphonie,
que chacun chante joli, joli, joli
sa partie.

À vos cœurs d’adolescent-e-s,
plein d’angoisses, de jalousies,
on peut (leur) laisser le temps -de-
le temps de se faire polis ;
ouverts à d’autres bohèmes,
des gens polis et doux et
qui sauront tout-e-s révéler
une facette de vous que j’aime.

 

« Soyons polis » de Laurent QUIQUEREZ est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons CC-BY-NC-SA 4.0. En savoir plus sur les (nombreux) droits et les (quelques) devoirs.

2015 – Villeurbanne, France

geode-may08-1
CC-BY-NC-SA« geode-may08-1 » by Mike Rodriquez via Flickr

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